Grès cérame grand format : le guide technique pour architectes en Suisse romande
Torreano Srl 20 min de lecture
Guide technique pour architectes et directeurs des travaux : classification du grès cérame, épaisseurs, pose selon la norme SIA 248 en Suisse et le NF DTU 52.2 en France, glissance, postes CAN à remplir dans le descriptif et fourchettes de prix.

Classification, épaisseurs, pose selon la SIA 248, glissance et postes CAN : les repères techniques d’un descriptif de résidence alpine
Ce guide technique s’adresse aux architectes, concepteurs et directeurs des travaux qui sélectionnent du grès cérame grand format pour des résidences alpines de prestige. Si vous cherchez l’inspiration esthétique et les applications pour salle de bains, cuisine et living, consultez aussi notre guide des résidences alpines.
En tant que fournisseur de carrelage grand format pour architectes, Torreano fournit et pose en Suisse romande comme en Haute-Savoie, et sait donc où un descriptif se fait rattraper : un carreau italien se produit sous référentiel européen, mais il se pose sous référentiel suisse ou français. Ce guide réunit les repères que nous appliquons à chaque projet de grès cérame grand format dans le Valais, sur l’arc lémanique et en Haute-Savoie, de la classification du matériau aux postes CAN à remplir avant la soumission.
Sommaire
- Classification : grès technique, émaillé et teinté dans la masse
- Épaisseurs et dimensionnement des dalles
- Poser en Suisse et en France : SIA 248, NF DTU 52.2
- Glissance : la classe se choisit par local, pas par produit
- Ce qu’un architecte doit écrire dans le descriptif
- Certification de durabilité ISO 17889-1
- Fourchettes d’investissement et incidence de la pose
- FAQ techniques
Classification : grès technique, émaillé et teinté dans la masse
Trois familles, dont une seule compte pour le résidentiel de prestige. Le grès technique ou naturel (UGL), sans émail, homogène sur toute l’épaisseur, se juge à l’abrasion profonde (ISO 10545-6) et vise les usages industriels à très fort trafic. Le grès émaillé (GL) porte une couche vitreuse décorée par impression numérique à jet d’encre et se juge à l’abrasion superficielle, classement PEI selon ISO 10545-7 ; il représente la quasi-totalité du grès résidentiel contemporain. Entre les deux, le grès émaillé teinté dans la masse, vendu sous l’appellation commerciale « pleine masse » : normativement un GL, mais son biscuit est pigmenté dans le ton de l’émail, qui pénètre dans la masse sur environ 1 mm. Un éclat accidentel ne révèle donc pas une tranche blanche. C’est le seul argument technique qui justifie l’écart de prix, et le seul qui mérite d’être écrit dans le descriptif.
Côté classification produit, un grès cérame appartient au groupe BIa de la norme EN 14411 : pressé à sec, absorption d’eau inférieure ou égale à 0,5 %. En Suisse, cette norme est reprise sous la référence SN EN 14411, enregistrée auprès de la SIA sous le n° SIA 248.092. C’est elle qui fonde la déclaration des performances du fabricant, sur laquelle nous revenons plus bas.
| Propriété technique | Grès technique (UGL) | Grès émaillé (GL) | Grès émaillé teinté dans la masse (GL) |
|---|---|---|---|
| Structure de la dalle | Monolithique, homogène sur toute l’épaisseur | Corps céramique associé à une couche vitreuse superficielle | Biscuit pigmenté dans le ton de l’émail, pénétration ~1 mm |
| Résistance à l’abrasion profonde (ISO 10545-6) | Volume de matière enlevée. La méthode est l’ISO 10545-6, le plafond est fixé par l’EN 14411 (annexe G) à 175 mm³. C’est la valeur déclarée qui se compare, pas une mention commerciale | Non applicable (test exclu pour les produits émaillés) | Non applicable (test exclu pour les produits émaillés) |
| Résistance à l’abrasion superficielle (ISO 10545-7, PEI) | Non applicable | Classe PEI 1-5 selon l’émail | Classe PEI 4-5, référence pour les sols résidentiels |
| Comportement à l’impact | Dommage esthétique nul, même matériau en profondeur | Le biscuit sous-jacent peut être visible | Dommage camouflé par la teinte coordonnée |
| Applications de référence en altitude | Zones techniques, rampes extérieures exposées | Revêtements verticaux, salles de bains résidentielles | Séjours, cuisines, hôtellerie de luxe, sols chauffants |
Les colonnes décrivent des familles ; les chiffres, eux, sont sur les fiches. Casalgrande Padana publie les données de deux lignes qui occupent les deux extrémités de cette distinction : GRANITOGRES, groupe BIa non émaillé, déclare une absorption d’eau inférieure à 0,1 %, une flexion de 45 N/mm² et une abrasion profonde de 150 mm³ au plus. ECOGRES, émaillé, relève du groupe BIb (donc au-delà du seuil de 0,5 % rappelé plus haut) et déclare 35 à 40 N/mm² à la flexion. Émaillé ne dit rien du groupe, et le groupe ne se lit pas sur le nom commercial : le comparatif ligne à ligne figure dans notre guide des certifications.
Les dalles céramiques sur mesure que nous distribuons viennent du district céramique de Sassuolo, en Émilie-Romagne : Casalgrande Padana, Florim, Emilgroup, Serenissima, Keope et Ceramiche Mariner. En résidentiel de prestige, les collections qui sortent le plus souvent relèvent du grès émaillé teinté dans la masse : Marmoker et Arabesque chez Casalgrande Padana, Calacatta Renoir chez Emilceramica.
Épaisseurs et dimensionnement des dalles
Le format et l’épaisseur ne se choisissent pas qu’à l’œil. Ils décident du nombre de joints, de la charge que la structure doit reprendre et de la conductivité thermique du système de sol.
| Format | Surface d’une dalle | Contexte idéal |
|---|---|---|
| 120x120 cm | 1,44 m² | Chambres, couloirs, salles de bains secondaires |
| 120x240 cm | 2,88 m² | Standard prestige, salles de bains haut de gamme, douches à l’italienne |
| 120x278 cm | 3,34 m² | Murs verticaux toute hauteur, boiseries céramiques |
| 160x320 cm | 5,12 m² | Top de gamme, plans de cuisine monobloc, sols monumentaux |
L’épaisseur répond à des indications d’usage tout aussi précises. Les dalles fines (6 ou 6,5 mm) pèsent 3 à 4 fois moins qu’une dalle de marbre d’épaisseur courante (l’écart vient de l’épaisseur, non de la densité) et sont l’épaisseur de choix pour les revêtements verticaux et les superpositions sur d’anciens sols, réduisant les charges sur les structures en bois typiques des vieux chalets. L’épaisseur standard (9 ou 10 mm) est la référence pour les sols soumis à des sollicitations classiques, avec le meilleur compromis entre résistance mécanique et conductivité thermique pour les chapes chauffantes. L’épaisseur mobilier ou renforcée (12 ou 12,5 mm) porte le plus souvent une trame en fibre de verre collée au dos. On la retrouve sur les plans de cuisine, les îlots monobloc et les tables. L’épaisseur 20 mm est spécifiquement conçue pour l’extérieur : elle permet aussi bien la pose collée traditionnelle que la pose à sec sur gravier, ou encore les sols flottants surélevés sur plots réglables, idéaux pour garantir le drainage de la fonte des neiges. C’est la solution que nous avons retenue pour une terrasse-balcon à Crans-Montana, en dalles 60x60 sur plots. Les formats hors standard et les découpes sur mesure font l’objet d’une gamme dédiée au grand format.
Pour la composition graphique des dalles, rappelons les deux géométries décoratives de référence : le Bookmatch (effet livre ouvert), avec des lots appariés Lot A et Lot B aux graphismes en miroir, et l’Endmatch (veinure continue), où la veine se poursuit de façon fluide d’une dalle à l’autre. Pour toute commande d’envergure, la direction des travaux doit vérifier la correspondance des lots et planifier le calepinage à sec avant l’application de la colle.

Poser en Suisse et en France : SIA 248, NF DTU 52.2
Un carreau produit en Émilie-Romagne se pose à Verbier sous référentiel suisse et à Chamonix sous référentiel français. Les normes de pose italiennes décrivent la pratique du pays de production : elles n’ont aucune valeur contractuelle sur un chantier valaisan, et un descriptif qui les cite se retrouve sans appui le jour où un carreau sonne creux.
En Suisse, l’ouvrage relève de la norme SIA 248, « Carrelages – Revêtements en carreaux de céramique, verre et asphalte » (éd. 2016). Ses dispositions contractuelles spécifiques figurent dans la SIA 118/248, qui ne s’applique que si les parties ont intégré la SIA 118 au contrat ; à défaut, c’est le CO qui régit le contrat d’entreprise. Cette intégration n’est pas une formalité : elle ouvre un délai de garantie de deux ans dès la réception de l’ouvrage (art. 172 SIA 118), pendant lequel l’avis des défauts n’a pas à être immédiat, le tout sur fond d’une prescription de cinq ans. Deux normes bordent l’ouvrage sans se confondre avec lui : la SIA 251 pour les chapes flottantes à l’intérieur des bâtiments, et la SIA 271, « Étanchéité des bâtiments » (éd. 2021) pour le balcon et la terrasse. Pour la douche à l’italienne et les salles d’eau, ne renvoyez pas au document qui traite l’enveloppe du bâtiment : l’étanchéité des pièces intérieures a son propre référentiel, dont l’édition en vigueur se vérifie avant d’être citée dans un descriptif. À noter que le marbre et la pierre naturelle relèvent d’une norme d’ouvrage distincte de celle du carrelage céramique : les réunir dans un même poste de descriptif est une source d’ambiguïté fréquente.
En Haute-Savoie, le cadre est le NF DTU 52.2 pour la pose collée et le NF DTU 52.1 pour la pose scellée, édition 2020. L’édition 2022 du 52.2 a relevé les surfaces admissibles, en sols intérieurs sur support à base de ciment comme en murs intérieurs sur plaques de plâtre : vérifiez quelle édition le descriptif cite. Le classement UPEC complète le dispositif : le e-Cahier CSTB 3782_V2 (juin 2018) classe les locaux et les revêtements sur la même échelle, et le carreau posé doit atteindre au moins le niveau du local. Depuis fin 2017, la marque associée n’est plus « NF UPEC » mais QB UPEC, certification de produit délivrée par le CSTB sous accréditation Cofrac, avec audit d’usine et retrait possible du certificat. Écrire l’ancien sigle dans un descriptif signale un document non mis à jour.
Sur la conformité du produit, les deux pays ne passent pas par le même canal, et c’est une source d’erreur courante. En France, le carreau porte le marquage CE et une déclaration des performances au titre du règlement (UE) n° 305/2011. En Suisse, le cadre est la LPCo (RS 933.0), équivalente au régime européen sans se confondre avec lui : le marquage CE n’y est pas exigé. Il n’apparaît dans aucun article de la loi, et l’OFCL le résume en une phrase : ce marquage n’est pas nécessaire en Suisse, mais il y est autorisé. Ce qui est obligatoire, c’est la déclaration des performances : dès lors qu’un produit est couvert par une norme technique harmonisée désignée, le fabricant doit l’établir (art. 5, al. 1, LPCo), et c’est par elle qu’il répond des performances annoncées. Le carrelage céramique en relève sans ambiguïté, la SN EN 14411 figurant parmi les normes désignées par l’OFCL, et une déclaration établie selon le règlement (UE) n° 305/2011 est reconnue en Suisse. Le détail des pièces à réunir au dossier d’ouvrage (déclaration des performances, REACH, certifications de système, EPD) est traité dans notre guide des certifications du carrelage italien. Ce que cela change à la rédaction : n’écrivez pas « produit marqué CE » comme critère de recevabilité pour un chantier valaisan, cela ne dit rien au regard du droit suisse. Écrivez « déclaration des performances selon la LPCo, établie sur la base de la SN EN 14411, à fournir au dossier d’ouvrage ». Et demandez-la dans une langue officielle suisse.
Reste ce que la norme laisse à la direction des travaux. Les joints de mouvement d’abord : joints structurels reportés fidèlement en surface, joints de fractionnement limitant la surface des panneaux, joints périphériques laissant le revêtement libre contre les murs, sans quoi les écarts thermiques alpins et le chauffage de sol produisent l’effet dit de tente. Pour le fractionnement, l’ordre de grandeur à retenir est un panneau de 24 à 25 m² en intérieur résidentiel, 20 m² sur chauffage de sol avec une géométrie proche du carré, et pas plus de 9 m² en extérieur, avec des côtés qui ne dépassent pas 3 m. Ces surfaces se vérifient sur la géométrie réelle du local, elles ne se recopient pas.
Ne confondez pas ce joint-là avec la largeur du joint entre carreaux, qui est une autre question. Les largeurs que ces tableaux conseillent concernent le joint qui interrompt le panneau, pas le joint entre deux carreaux : elles se prennent sur la fiche du système de pose. Pour le joint du grand format rectifié, voici ce qui se pose aujourd’hui.
| Situation | Largeur posée aujourd’hui |
|---|---|
| Intérieur | 1,5 à 2 mm |
| Extérieur | 1,5 à 3 mm |
| Petits formats | 3 à 5 mm |
Les petits formats, dont la tolérance dimensionnelle est plus large, gardent les 3 à 5 mm pour absorber les écarts. La pose à joint nul, elle, reste exclue quel que soit le format. Et sur un chantier suisse, la fiche technique de l’ASC, devenue CERUNIQ en août 2024, retient 3 mm au minimum pour le grand format en intérieur : si votre descriptif descend en dessous, écrivez pourquoi, plutôt que de laisser le poseur trancher seul devant la caisse.
L’adhérence entre la dalle et la chape dépend des performances de la colle cimentaire, classée par la norme européenne EN 12004-1. Pour le grès grand format exposé à des chocs thermiques extrêmes, chapes chauffantes et terrasses d’altitude, le choix qui s’impose est une colle de classe S2, à déformation transversale supérieure ou égale à 5 mm, appliquée selon la technique du double encollage : une couche sur la chape au peigne denté de 10 mm, une couche fine sur l’envers de la dalle, l’ensemble battu à la batte caoutchouc, du centre vers l’extérieur, pour chasser l’air piégé sous la dalle, première cause de décollement précoce en montagne. C’est le poste où le rendement du poseur et la qualité de la pose s’opposent : le double encollage d’une dalle de 160x320 prend le temps qu’il prend.
Avant le collage, le poseur vérifie l’humidité résiduelle de la chape par mesure et non par estimation, contrôle la planéité à la règle, la tolérance se lisant toujours avec sa longueur de référence, et, sur chape chauffante, exécute le cycle complet de mise en chauffe puis d’arrêt progressif du système pour stabiliser ses tensions internes. En rénovation, sur ancienne chape fissurée ou plancher bois déformable, on interpose une natte de désolidarisation. Torreano assure la pose en Valais, dans le canton de Vaud, à Genève et en Haute-Savoie, conduite selon la SIA 248 ou le NF DTU 52.2 selon le pays du chantier ; en Italie, nous sommes fournisseur uniquement.
Glissance : la classe se choisit par local, pas par produit
C’est le poste le plus souvent bâclé d’un descriptif de salle de bains, parce qu’on y recopie une classe R lue sur une fiche produit. Or la classe R se mesure sur plan incliné, chaussé, à l’huile : elle ne dit rien d’un sol foulé pieds nus. Pour les surfaces pieds nus, l’essai de référence est la rampe pieds nus à l’eau additionnée d’un agent mouillant, classes A, B et C.
En Suisse, le repère est le système du bpa, le Bureau de prévention des accidents : GS1 à GS4 en secteur chaussures, GB1 à GB3 en secteur pieds nus, avec des exigences fixées local par local dans sa Documentation 2.032, « Liste d’exigences : revêtements de sol ». Pour ce qui nous occupe : salles de bains GB1 (classe A), locaux de douches et bacs à douche GB2 (classe B), escaliers extérieurs non couverts GS3 (R 12). Le bpa indique pour chaque local une exigence dans son propre système et une exigence en classe R : les deux échelles figurent côte à côte, mais elles ne se convertissent pas l’une dans l’autre. La mesure de référence se fait en laboratoire, sur produit neuf, et lorsque des mesures effectuées sur place divergent, ce sont les valeurs de laboratoire qui restent déterminantes. Une classe lue sur une fiche produit ne dit donc rien de l’état d’un sol en exploitation, ni de son entretien. Les méthodes d’essai sur plan incliné relèvent de la SN EN 16165, enregistrée auprès de la SIA sous le n° SIA 252.051. En France, c’est la NF P 05-011 (août 2019) qui classe les locaux, en PN pour les pieds nus et PC pour les pieds chaussés.
Un détail à connaître avant de rédiger : sur la déclaration des performances d’un carreau, la glissance est fréquemment déclarée NPD, c’est-à-dire performance non déterminée. Le fabricant n’est donc pas tenu de la fournir à ce titre : elle se demande séparément, procès-verbal d’essai à l’appui.
Nous avons consacré un article entier au sujet, avec les tableaux local par local et les cas où nous refusons de poser ce qu’on nous demande : le carrelage antidérapant de salle de bains, et pourquoi le R11 n’y répond pas.
Ce qu’un architecte doit écrire dans le descriptif
En Suisse, le descriptif qui part en soumission se compose à partir du CAN, le Catalogue des articles normalisés édité par le CRB. Plus de deux cents chapitres, ordonnés selon l’avancement des travaux, chacun correspondant en règle générale au métier d’un maître d’état : l’architecte sélectionne les articles, l’entreprise y porte ses prix. Pour un sol en grès cérame, le poste principal est le CAN 645, Carrelages, édition F/14, dans le groupe 600 du second œuvre. La chape n’en fait pas partie. Le chapitre renvoie ailleurs pour les chapes au ciment, qui relèvent d’un autre maître d’état et se chiffrent dans une autre offre ; ses renvois désignent aussi le CAN 114 pour les échafaudages et les mesures de sécurité, et le CAN 671 pour les enduits de parois. Vérifiez le numéro avant de le recopier : le 663, tout proche, est celui du linoléum, des plastiques et des textiles, pas du carrelage.
Le chapitre ne vit pas seul. Ses Indications générales, au paragraphe 5, désignent quatre documents à prendre en considération, et un fournisseur italien ne pense pas spontanément à les joindre : les fiches techniques de l’ASC, l’Association Suisse du Carrelage, devenue CERUNIQ en août 2024 ; celles de la VHP, l’association suisse des commerces de poêlerie-fumisterie et de carrelage, devenue feusuisse en 2015 ; la Documentation 2.032 du bpa, « Liste d’exigences : revêtements de sol », d’où sortent les classes GS et GB vues plus haut ; et la fiche technique de l’ASEPP sur les supports des revêtements muraux intérieurs, qui n’existe qu’en allemand. Le paragraphe 4 du même chapitre désigne les normes : la SIA 248 pour le carrelage, la SN EN 14411 pour le produit, la SN EN ISO 10545-7 pour l’abrasion des émaillés.
Ce que le catalogue structure, il ne le remplit pas. Voici les dix mentions qui, dans notre expérience, déterminent si les offres rentrées se comparent poste à poste ou si elles portent, en réalité, sur trois ouvrages différents.
| Mention | Ce qu’il faut écrire, et pourquoi |
|---|---|
| Format | Dimensions nominales exactes. Au-delà de 120 cm de côté, la main-d’œuvre change de régime tarifaire. |
| Épaisseur | 6, 9-10, 12 ou 20 mm : elle conditionne la charge, la conductivité thermique et le mode de pose. |
| Rectification | Bords rectifiés ou non. C’est ce qui autorise ou interdit le joint fin dessiné sur le plan. |
| Classement PEI | Pour les surfaces émaillées, selon ISO 10545-7. Sans lui, aucune comparaison d’usure n’est possible. |
| Classe de glissance | Par local, en GB ou GS, ou A/B/C pour le pied nu. Pas un R repris d’une fiche produit. |
| Résistance au gel | Impérative pour toute surface extérieure ou non chauffée en altitude. |
| Colle | Classe EN 12004-1 exigée, S1 ou S2 (la S2 correspondant à une déformation transversale supérieure ou égale à 5 mm), et double encollage imposé ou non. |
| Natte de désolidarisation | Prévue ou exclue, avec le cas qui la déclenche : ancienne chape fissurée, plancher bois, joint de structure. |
| Calepinage et joints | Largeur, calepinage, position des joints de fractionnement et périphériques, coloris du mortier de jointoiement. |
| Lots appariés | Bookmatch, Endmatch ou lot unique, et qui valide les lots. Sans mention, la livraison arrive en lots mélangés. |
Un descriptif qui porte ces dix lignes se compare poste à poste. Un descriptif qui dit « carrelage grès cérame grand format, qualité premier choix » produit trois offres inexploitables et un supplément en cours de chantier.
Certification de durabilité ISO 17889-1
Les autodéclarations de durabilité ne suffisent plus. La norme ISO 17889-1:2021 mesure l’impact environnemental, économique et social des carreaux céramiques sur l’ensemble du cycle de vie, à travers 38 exigences de performance : 15 obligatoires et 23 volontaires, avec un seuil de conformité de 117,5 points sur une échelle allant jusqu’à 130. Les moyennes sectorielles publiées pour la céramique italienne se situent au-dessus de ce seuil, mais ce sont des données de branche : le score du lot retenu, lui, se demande producteur par producteur, avec la voie d’évaluation employée.
Une nuance à porter au descriptif : la norme admet deux voies. Le producteur peut autodéclarer son score, ou le faire certifier par un organisme tiers accrédité sur la base d’essais de laboratoire, d’inspections et d’audits d’usine. Ce n’est pas la même garantie, et la question se pose au moment de la soumission. Casalgrande Padana produit en circuit fermé, avec récupération totale des effluents industriels et les traitements actifs Bios Antibacterial® et Bios Self-Cleaning®, ce dernier développé avec le groupe japonais Toto pour les façades ventilées en altitude. Emilceramica annonce de son côté le recyclage de la totalité de ses eaux industrielles et, selon les données du producteur, une certification Greenguard Gold pour les émissions de COV ainsi qu’une certification alimentaire NSF pour les dalles de plans de cuisine : autant de pièces à faire produire au dossier plutôt qu’à recopier.
Dans un dossier environnemental, c’est le bâtiment qui est noté, pas le carreau : les données produit alimentent les crédits d’un protocole LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Sur un chantier romand, le référentiel qu’un descriptif a intérêt à citer est Minergie, et Minergie-ECO pour le volet matériaux, plutôt que les notions européennes de bâtiment à énergie quasi nulle. Sous Minergie-ECO, la pièce à demander n’est d’ailleurs pas une EPD mais la fiche ecoDevis 645.
Fourchettes d’investissement et incidence de la pose
Le marché du grès cérame grand format s’organise en segments que séparent la technologie, la finition et la performance. Torreano ne distribue que les niveaux intermédiaire et haut de gamme : à partir d’environ 60 €/m² pour des reproductions minérales soignées et des lots calibrés, jusqu’à plus de 200 €/m² pour les dalles fines avec traitements de surface avancés (Full Lappato, Silktech, Vein-Touch) et compositions Bookmatch sur lots sélectionnés, le standard des collections Marmoker et Tele di Marmo. Ces fourchettes sont des prix de fourniture départ Italie, hors pose et hors transport ; sur un chantier suisse, elles se reportent en CHF au change du jour et se complètent du poste CAN 645 du descriptif, la chape étant chiffrée à part.
Le prix de fourniture n’est pas le prix posé. Poser du grès grand format exige une main-d’œuvre formée et des équipements dédiés, des cadres métalliques à ventouses aux découpeuses diamantées guidées à eau, avec une majoration tarifaire comprise entre 30 % et 50 % par rapport aux formats classiques. C’est une charge que le descriptif doit porter dès la phase de projet, et non découvrir à l’ouverture des soumissions.
Faites relire votre descriptif avant la soumission
Vous rédigez le descriptif d’un chalet à Verbier, Crans-Montana ou Villars-sur-Ollon, ou d’une résidence à Genève, Megève ou Chamonix ? En tant que fournisseur de carrelage et de grès cérame de prestige, nous sélectionnons le format, la finition et les lots assortis adaptés au contexte, nous relisons les postes du descriptif avant qu’il ne parte en soumission, et nous assurons la pose en Suisse romande et en Haute-Savoie. Des chantiers comparables figurent dans nos réalisations ; l’inspiration esthétique est dans notre guide des résidences alpines, et le détail de la glissance dans notre article sur le carrelage antidérapant pieds nus. En Suisse, l’entreprise qui contracte et qui pose est notre entité TORREANO SARL, à Martigny (VS). Contactez-nous pour votre projet et découvrez notre showroom de 1 000 m² à Châtillon.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre grès technique, grès émaillé et grès teinté dans la masse ?
Le grès technique ou naturel (UGL) est dépourvu de toute couche d'émail, homogène sur toute l'épaisseur, conçu pour les usages industriels et commerciaux à très fort trafic. Le grès émaillé (GL) présente une surface décorée par impression numérique à jet d'encre et vitrifiée en cuisson à plus de 1 200 °C, capable de reproduire fidèlement marbres, pierres et bois : il représente la quasi-totalité du grès utilisé dans le résidentiel contemporain. Le grès émaillé teinté dans la masse, souvent commercialisé sous l'appellation "pleine masse" pour des raisons de positionnement commercial, est la solution d'ingénierie de référence pour l'immobilier résidentiel haut de gamme : le support céramique est pigmenté dans le ton de l'émail, qui pénètre dans la masse sur environ 1 mm, camouflant tout éclat accidentel. Les collections que nous distribuons pour le résidentiel appartiennent à cette catégorie ; Casalgrande Padana produit aussi des lignes non émaillées, comme GRANITOGRES, destinées aux extérieurs et aux zones techniques.
Quelles normes encadrent la pose du carrelage grand format en Suisse et en Haute-Savoie ?
En Suisse, l'ouvrage relève de la norme technique SIA 248, édition 2016, «Carrelages – Revêtements en carreaux de céramique, verre et asphalte», complétée par les dispositions contractuelles de la SIA 118/248 lorsque les parties ont intégré la SIA 118 au contrat. Le support relève de la SIA 251 pour les chapes flottantes à l'intérieur des bâtiments et de la SIA 271 pour l'étanchéité des bâtiments. En Haute-Savoie, le cadre est le NF DTU 52.2 pour la pose collée et le NF DTU 52.1 pour la pose scellée, avec le classement UPEC, qui classe les locaux et les revêtements sur la même échelle. Les colles cimentaires sont classées par la norme européenne EN 12004-1, avec des formulations de classe S2, à déformation transversale élevée, dans les contextes les plus exigeants. Les normes de pose italiennes décrivent la pratique du pays de production : elles n'ont pas de valeur contractuelle sur un chantier suisse ou français.
Que garantit la certification de durabilité ISO 17889-1 ?
La norme ISO 17889-1:2021 mesure l'impact environnemental, économique et social des carreaux céramiques sur l'ensemble du cycle de vie, à travers 38 exigences de performance. Elle admet deux voies qui ne se valent pas : l'autodéclaration du producteur avec indication de son score, ou la certification par un organisme tiers accrédité sur la base d'essais, d'inspections et d'audits d'usine. Un descriptif sérieux demande laquelle des deux. Les principaux fournisseurs de Torreano, Casalgrande Padana et Emilceramica, annoncent une production en circuit fermé, avec récupération des effluents industriels et des technologies à faible consommation énergétique : ces éléments relèvent des données publiées par les producteurs et se font produire au dossier.
Quelles épaisseurs de grès cérame grand format existent et à quoi servent-elles ?
L'épaisseur fine (6 ou 6,5 mm) est destinée aux revêtements verticaux et aux superpositions, l'épaisseur standard (9 ou 10 mm) aux sols sur chape chauffante, l'épaisseur mobilier ou renforcée (12 ou 12,5 mm) aux plans de cuisine et îlots monobloc, l'épaisseur 20 mm aux sols extérieurs et aux poses flottantes surélevées sur terrasses.
Pourquoi choisir Torreano comme fournisseur de carrelage grand format pour vos projets ?
Torreano distribue depuis 1972 des carrelages et grès cérame haut de gamme, avec un showroom de 1 000 m² à Châtillon en Vallée d'Aoste. Nous travaillons avec six producteurs du district de Sassuolo (Casalgrande Padana, Florim, Emilgroup, Serenissima, Keope, Ceramiche Mariner) et sélectionnons pour chaque projet les formats, finitions et lots assortis. Nous suivons l'architecte de la sélection jusqu'à la coordination technique de la pose. En Suisse romande et en Haute-Savoie, nous assurons également la pose, conduite selon la norme SIA 248 ou le NF DTU 52.2 selon le pays du chantier ; en Italie, nous sommes fournisseur uniquement.
Des matériaux de prestige au soin du moindre détail, nous vous accompagnons avec un conseil sur mesure, pensé pour votre espace et votre goût.
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