Carrelage antidérapant de salle de bains : le R11 qu’on vous vend a été testé en bottes de sécurité
Torreano Srl 21 min de lecture
Une salle de bains se traverse pieds nus, et le pied nu relève d’un autre essai que la classe R : le bpa y demande la classe A, et la classe B dans la douche.

Une salle de bains, on la traverse pieds nus. La classe R, elle, ne dit rien du pied nu : elle se mesure sur une rampe enduite d’huile moteur 10W-30, par un opérateur chaussé de bottes de sécurité crantées.
Nous fournissons du carrelage italien en grès cérame pour des salles de bains en Valais, dans le canton de Vaud, à Genève et en Haute-Savoie, où nous assurons aussi la pose. Voici ce que nous vérifions avant de valider une surface, et dans quels cas nous refusons le R11 qu’on nous demande.
Tapez la question en français, tout le monde répond la même chose : R10 pour une salle de bains, R11 pour être tranquille, R11 pour les personnes âgées. Personne n’écrit ce que la lettre R mesure, ni sur qui, ni avec quel liquide. On obtient un chiffre exact appliqué au mauvais local. Six mois après la réception de l’ouvrage, le maître d’ouvrage frotte son sol à genoux le samedi matin. Et la sécurité n’a rien à voir là-dedans : le sol ne redevient tout simplement plus propre.
La classe à demander porte une autre lettre : A dans la salle de bains, B dans la douche, sur un rapport d’essai qui mentionne pieds nus. Peu de catalogues italiens publient cette classe-là, et une bonne partie de cette page sert à se la faire donner.
Sommaire
- Ce que mesure la classe R, de R9 à R13
- L’essai pieds nus : les classes A, B et C (DIN 51097)
- Ce que demande le bpa en Suisse pour une salle de bains
- Le R11 en salle de bains se paie en corvée de nettoyage
- Douche à l’italienne : pente, format et joints
- Quelle classe demander, local par local
- Quand la raison invoquée est un parent âgé
- Vous avez déjà posé du R11 et vous n’arrivez plus à le nettoyer
- Ce qu’on refuse de vendre
- FAQ
Ce que mesure la classe R, de R9 à R13
Une rampe de laboratoire. L’opérateur y marche en avant et en arrière, chaussé de bottes de sécurité fortement crantées (EN ISO 20345), sur une surface enduite d’huile moteur 10W-30, à raison de 200 ml par mètre carré. Le plan s’incline jusqu’à l’angle d’acceptation, que le bpa définit comme « l’angle où la personne devient si incertaine qu’elle n’est plus en mesure de poursuivre son déplacement ». Deux opérateurs qualifiés, et c’est la moyenne de leurs angles qui donne la lettre.
| Classe | Angle critique |
|---|---|
| R9 | de 6° à 10° |
| R10 | plus de 10° à 19° |
| R11 | plus de 19° à 27° |
| R12 | plus de 27° à 35° |
| R13 | plus de 35° |
Le R9 ne commence pas à 3°, comme on le lit partout en français, mais à 6°. En dessous, le revêtement n’est pas classable du tout.
Plus gênant. Depuis 2021, l’essai relève de l’EN 16165, annexe B, et ce que la norme restitue est un angle, pas une lettre. La DGUV le rappelle dans sa FAQ sur l’introduction de la DIN EN 16165 : le groupe R n’est qu’une lecture nationale allemande de cet angle, reprise dans une annexe informative de la version allemande de la norme. La formulation correcte dans un descriptif est donc essai selon EN 16165 annexe B, classe R attribuée selon les règles nationales allemandes. Quant à la DIN 51130, republiée en 2023, elle ne porte plus que sur le volume de déplacement, le fameux V4 : écrire « certification DIN 51130 R10 » dans une soumission, c’est citer une norme pour quelque chose qu’elle ne fait plus.
Et la lettre reste large. Un R10 couvre neuf degrés, de 10° à 19°. La fiche technique de la HSE britannique, Assessing the slip resistance of flooring, traduit cet écart en coefficient de frottement : de 0,18 à 0,34. Ce sont les tangentes de ces mêmes angles : le même écart dans une autre unité, pas une seconde mesure. Deux carreaux estampillés R10 peuvent donc se tenir chacun à un bout de l’intervalle. C’est pour cela que nous demandons l’angle mesuré, et pas seulement la lettre.
L’essai pieds nus : les classes A, B et C (DIN 51097)
Même rampe, protocole différent : l’opérateur est pieds nus, le lubrifiant est de l’eau additionnée d’un agent mouillant, un tensioactif non ionique. Ni de l’eau pure, ni du savon. La nuance compte, parce que la plupart des pages francophones parlent d’« eau », tout court. Plusieurs opérateurs entraînés répètent le parcours ; c’est la moyenne des angles d’acceptation qui classe le revêtement.
C’est l’ancienne DIN 51097, passée en 2021 à l’annexe A de l’EN 16165, et c’est encore sous son ancien nom que la plupart des fabricants la citent. Dans un descriptif, on écrit l’annexe A ; au fabricant, on demande le rapport d’essai qui porte ce numéro.
| Classe | Angle d’acceptation moyen | Où |
|---|---|---|
| A | ≥ 12° | vestiaires, cheminements pieds nus, locaux sanitaires majoritairement secs |
| B | ≥ 18° | locaux de douches, pourtours de bassin, bains de vapeur |
| C | ≥ 24° | bords de bassin inclinés, escaliers immergés, pédiluves |
Ce sont des seuils, pas des tranches : un revêtement classé C satisfait aussi aux exigences de A et de B, et c’est pour cela que les fabricants marquent « A+B » ou « A+B+C ». L’échelle R fonctionne autrement, puisque chacune de ses classes a aussi un plafond.
Ce tableau vient d’Allemagne (DGUV Information 207-006) et vise les bassins publics, pas la baignoire de votre chalet. Le détail change d’un référentiel à l’autre : les échelles et les escaliers qui descendent dans l’eau sont en C côté allemand, alors que le bpa les range en B et ne monte d’un cran qu’en cas d’exigences accrues. En Suisse, c’est le bpa qui fait foi. Le document allemand, lui, encadre les lieux de travail et les installations publiques : il ne traite pas de l’habitat privé.
Surtout, il n’existe aucune équivalence officielle entre l’échelle R et les classes A/B/C. Le bpa l’écrit sans ambiguïté : les revêtements affectés à une classe R sont inadaptés aux secteurs pieds nus. Les fabricants qui publient malgré tout un tableau de correspondance l’assortissent d’un avertissement ; s’en servir revient à sous-évaluer ou à surévaluer l’exigence. Dans une salle de bains, un R11 ne dit rien du comportement du sol sous un pied nu mouillé : il décrit celui d’une semelle crantée souillée d’huile.
Attention quand même au contresens. Dire d’un R11 qu’il n’a pas été mesuré pieds nus n’est pas dire qu’il se dérobe : beaucoup de références portent les deux classements, parce que le fabricant a commandé les deux essais. Si la fiche de votre R11 porte aussi un B, la sécurité est réglée et il ne vous reste que la question de l’entretien. S’il n’y a qu’une lettre R, personne ne peut vous dire ce que ce sol fait sous un pied mouillé, faute d’avoir été essayé dans cette condition-là. Le carreau n’y est pour rien : c’est le dossier qui est incomplet.
Seule exception légitime, franco-française : les classes PN de la NF P 05-011 sont fixées sur les mêmes angles que l’essai pieds nus, PN 12 correspondant à la classe A, PN 18 à la B, PN 24 à la C.
Ce que demande le bpa en Suisse pour une salle de bains
On nous oppose souvent la SIA 358. Elle concerne les garde-corps : elle n’a rien à voir avec la glissance, et la citer à ce propos ne passe pas inaperçu en séance.
Cela posé, deux systèmes coexistent en Suisse. Le bpa, la Suva et l’Empa s’appuient sur un coefficient de frottement dynamique mesuré sur machine (dispositif Wuppertal BST 2000, règlement d’expertise R 9729), et cette mesure a ses propres classes : GS1 à GS4 pour le pied chaussé, GB1 à GB3 pour le pied nu. Ce coefficient, précise le bpa, ne permet pas d’attribuer une classe R ou A/B/C. Le commentaire de l’OLT 3 publie les deux échelles côte à côte, écrit que leurs résultats ne sont pas directement comparables, et les déclare applicables l’une et l’autre tant qu’une méthode européenne unique n’existe pas ; le bpa admet lui aussi le classement R obtenu sur la rampe, mais pour les zones où l’on marche chaussé. En pratique, vous verrez les deux colonnes sur la même fiche.
La documentation technique 2.032 du bpa, qui couvre explicitement les espaces publics et privés, donne pour le secteur pieds nus :
| Local | bpa / Empa | Essai pieds nus |
|---|---|---|
| Salles de bains | GB1 | A |
| Toilettes, vestiaires | GB1 | A |
| Locaux de douches, bacs à douche | GB2 | B |
| Bains de vapeur et saunas, en cas d’exigences accrues | GB2 | B |
| Pourtours des bassins | GB2 | B |
| Bords de bassin inclinés, pédiluves | GB3 | C |
Autrement dit : salle de bains, classe A ; douche, classe B. Jamais R11. Le bpa écarte d’ailleurs le R9 de ses tableaux : selon lui, un revêtement de cette classe ne remplit que des exigences de sécurité minimales.
Sur le plan juridique, la référence pour les entreprises soumises à la loi sur le travail est l’article 14 « Sols » du commentaire de l’ordonnance 3 (OLT 3), dans sa version SECO de juillet 2023. Il fixe un plancher chiffré : les sols des locaux de travail doivent être au moins de classe R10, et au moins de classe A dans les zones pieds nus. Pour l’habitat privé, l’hôtellerie et les bâtiments accessibles au public, le bpa recommande d’appliquer les mêmes mesures. C’est une recommandation, pas une obligation, et elle pèse quand même.
Le jour où quelqu’un tombe dans un local que vous exploitez, la première question sera documentaire. Nous ne sommes pas juristes et nous n’irons pas plus loin sur les responsabilités, mais le dossier qu’on vous réclamera, nous le connaissons : la classe exigée dans la soumission, le rapport d’essai du fabricant, le procès-verbal de réception et le plan de nettoyage. Le bpa demande d’ailleurs qu’une preuve de la résistance au glissement soit fournie, et que sa validité soit confirmée à la livraison. Sur une maison privée, personne ne le demandera jamais. Sur un hôtel, un spa ou un centre de fitness, on le demande chaque fois, et on le réunit avant les travaux, pas après la chute.
La NF P 05-011 (août 2019), elle, classe les locaux et non les produits : pour une salle d’eau privative, elle reste dans le bas de l’échelle PN, et l’exigence dépend du confinement de la projection d’eau, de la pente et de l’étanchéité. Côté français, nous montons donc d’un cran dans la zone de douche, et c’est un choix d’entreprise. En Suisse, ce n’en est pas un : le bpa range les locaux de douches et les bacs à douche en GB2, classe B.
Un mot enfin sur l’UPEC, qu’on nous cite souvent dans la même phrase. Le classement du CSTB ne mesure pas la glissance. Le E de E2 ou E3 qualifie la tenue à l’eau, pas l’adhérence, et un carreau E3 peut très bien se dérober sous un pied nu.
Le R11 en salle de bains se paie en corvée de nettoyage
Un R11 tient son angle grâce à un relief, et ce relief retient tout : savon, calcaire, résidus de gel douche, poussière grasse. La règle allemande DGUV 108-003 le dit : un revêtement à forte antidérapance demande un effort de nettoyage plus élevé, qui augmente encore dès qu’un volume de déplacement s’y ajoute (V4, V6, V8).
Les moyens que la DGUV juge efficaces sur les sols fortement profilés sont les autolaveuses à brosses rotatives et les nettoyeurs haute pression. Personne n’a cela dans une salle de bains de chalet. Vous aurez une panosse, un produit de grande surface et le samedi matin. Ce qui arrive ensuite, nous l’entendons au téléphone quelques mois après la livraison : le sol a l’air propre et reste terne, parce que la saleté s’installe dans le relief en patine régulière et non en taches qu’on repère et qu’on frotte.
Ajoutez que la valeur du fabricant est une valeur sortie d’usine. La même fiche de la HSE rappelle que le comportement d’un sol change du fait de la pose elle-même (jointoiement, nettoyage, lustrage) et après de courtes périodes d’utilisation. L’échantillon validé au showroom n’est pas ce que vous aurez sous les pieds dans deux ans. De combien la valeur baisse, nous ne le savons pas : personne ne publie ce chiffre, et nous n’allons pas en inventer un.
Un geste vaut quand même la peine avant de signer, et il ne coûte rien. Demandez deux échantillons de la série qui vous plaît, mouillez-les, posez un pied nu dessus en portant le poids vers l’avant, comme on le fait en sortant de la douche. Ce n’est pas une mesure et cela ne remplace aucun rapport d’essai. En dix secondes, vous séparez pourtant deux références que le catalogue décrit avec la même lettre. Nos échantillons, nous les faisons essayer comme ça.

Douche à l’italienne : pente, format et joints
Un sol pieds nus devient dangereux quand un film d’eau y reste. La classe qualifie la surface ; la pente et l’écoulement décident du temps que l’eau passe dessus. Le référentiel allemand cité plus haut chiffre d’ailleurs ce que la fiche produit ne dit jamais : au minimum 2 % de pente en pourtour de bassin, 3 % en zone de douche. Ce sont des chiffres de piscine publique, mais personne n’en publie d’autres, et c’est sur eux que nous calons un receveur de chalet.
Attention à une confusion que le bpa relève lui-même : l’angle d’acceptation mesuré sur la rampe n’a rien à voir avec la pente du revêtement. Deux angles, aucun rapport entre les deux.
Il y a ensuite les joints. Le bpa l’écrit en une phrase : pour les revêtements céramiques en secteur pieds nus, l’expérience montre qu’une forte proportion de joints améliore les propriétés antidérapantes. Traduction de chantier : dans une douche à l’italienne, un petit format, voire une mosaïque, multiplie la densité de joints et augmente l’adhérence réelle, sans monter en relief ni hériter de la corvée de nettoyage qui vient avec. Le petit format épouse en prime la pente sans cassure, ce qu’une grande dalle ne fait pas. Le grand format, lui, garde sa place en pièce sèche, comme le 40 × 60 cm aspect pierre de Vals de notre chantier de Martigny.
Le revers, disons-le, est celui que nous reprochons au R11 : les joints se salissent. C’est la partie du sol qui grise en premier et qui prend les moisissures dans une douche. La différence tient au remède. Un joint se nettoie et, au pire, se refait ; un relief structuré reste ce qu’il est pendant toute la vie du sol. Dans une douche, on n’échappe ni à l’un ni à l’autre. Il faut choisir celui qui vous dérangera le moins.
Un mot sur le prix, puisque personne ne le donne. La classe n’est pas une ligne du devis : on paie la série, le format et la finition. Demandez si la série qui vous plaît existe dans une finition qui dispose de l’essai pieds nus, et faites-vous donner les deux prix côte à côte ; l’écart change d’un fabricant à l’autre et aucun ne le publie. Le format, lui, se lit toujours sur le devis : une mosaïque coûte plus cher au mètre carré qu’une grande dalle, et elle demande davantage d’heures de pose.
Restent la largeur et la nature des joints, la planéité du support, la régularité de la pente : des questions de pose, pas de catalogue, et c’est pour cela que nous assurons nous-mêmes la pose sur nos chantiers suisses et français. À la réception de l’ouvrage, la pente se contrôle à l’eau et non au mètre : un seau versé au point le plus défavorable doit partir au siphon sans laisser de flaque. S’il en reste une, c’est à vous de la signaler par avis des défauts, dans le délai prévu au contrat.
Quelle classe demander, local par local
| Situation | Ce que nous spécifions | Pourquoi |
|---|---|---|
| Salle de bains privée, hors douche | Classe A (GB1) | Pieds nus, majoritairement sec |
| Douche à l’italienne, bac à douche | Classe B (GB2), petit format, pente soignée | Eau permanente ; les joints font une part du travail |
| Sortie de douche, premier mètre de la zone sèche | Classe B (GB2), comme la douche | Le pied y transporte l’eau alors que le local est spécifié sec. Choix d’entreprise, le bpa n’en parle pas |
| Pourtour de baignoire | Classe A (GB1) selon le bpa ; B si la baignoire sert aussi de douche | Le bpa le range dans les salles de bains |
| Hammam, bains de vapeur, sauna à exigences accrues | Classe B (GB2) | Vapeur et eau permanentes |
| Pourtour de bassin, échelle ou escalier d’accès à l’eau | Classe B (GB2) | Eau permanente ; le bpa ne monte en GB3 qu’en cas d’exigences accrues |
| Bord de bassin incliné, pédiluve, rampe d’accès à l’eau | Classe C (GB3) | Pente et immersion cumulées |
| Hôtel : entrée sans sas, terrasse ou balcon non couverts | GS2 / R11 ; GS3 / R12 pour un escalier extérieur non couvert | Pied chaussé et mouillé : l’échelle R est enfin la bonne |
| Hôtel : restaurant, escaliers intérieurs | GS1 / R10 | Chaussé, contamination faible |
| Hôtel : cuisine jusqu’à 100 couverts par jour | GS2 / R11 V4 | Graisses et lavages ; au-delà, GS3 / R12 V4 |
Dès que le pied est nu, on raisonne en A/B/C ou en GB ; dès qu’il est chaussé, en R ou en GS. Un hôtel a besoin des deux, et c’est ce que nous écrivons dans les descriptifs préparés pour les projets contract et hôtellerie, du marbre de l’Hôtel Nash Suites à Genève aux salles de bains livrées à Chamonix et à Menton.
À reprendre tel quel dans le descriptif suisse (CFC 281 Revêtements de sol, poste CAN 645 Carrelages) : revêtement de sol, zone de douche, essai pieds nus selon EN 16165 annexe A, classe B, angle d’acceptation moyen égal ou supérieur à 18° ; rapport d’essai du fabricant joint à l’offre, validité du certificat confirmée à la livraison ; un classement bpa/Empa GB2 est admis comme preuve alternative pour cette zone, la liste d’exigences du bpa retenant les deux systèmes en parallèle. Salle de bains hors zone de douche : classe A, angle égal ou supérieur à 12°, GB1 admis au même titre.
Côté français, le vocabulaire change : le CCTP raisonne par local, avec le classement PN de la NF P 05-011, et non par produit. La formule que nous employons pour la zone de douche : local classé PN 18 au sens de la NF P 05-011 (août 2019) ; revêtement justifié par un essai pieds nus selon EN 16165 annexe A, classe B ; rapport d’essai joint à l’offre. Le PN 18 est notre exigence, pas celle de la norme, qui laisse la salle d’eau privative plus bas sur l’échelle. Le PN qualifie le local, la lettre qualifie le carreau, et un CCTP a besoin des deux.
Les autres pièces du lot carrelage, déclaration des performances, EPD et indications de pose, sont détaillées dans notre guide des certifications ; la pose sous SIA 248 et les postes CAN, dans notre guide technique du grès cérame.

Quand la raison invoquée est un parent âgé
C’est l’argument qui revient le plus souvent pour justifier un R11, et c’est celui qui tient le moins. Dans une salle de bains qu’on traverse pieds nus, la classe du sol est ce qui pèse le moins sur le risque de chute.
Ce qui pèse vraiment se décide avant le carrelage :
- le seuil. Une douche de plain-pied supprime le geste qui fait tomber les personnes âgées : enjamber un rebord en appui sur un seul pied ;
- la barre d’appui. Le renfort se prévoit dans la paroi avant de carreler. Après, on perce le carreau et on visse dans une plaque qui ne reprendra pas une charge brutale. Quant aux barres à ventouse, elles servent à se stabiliser, pas à rattraper une chute ;
- l’eau qui stagne. Une pente qui évacue vite change davantage ce sol qu’un changement de classe ;
- le tapis de bain, le seul élément mobile de la pièce, et celui qui se dérobe vraiment sous le pied ;
- la lumière de nuit. Une salle de bains traversée à trois heures du matin n’est pas celle que vous avez vue au showroom.
Si vous voulez malgré tout monter d’un cran sur la surface, montez dans le bon essai : demandez la classe B pieds nus aussi hors de la zone de douche. C’est ce que nous écrivons dans les descriptifs d’hôtel pour les chambres adaptées. Cette lettre-là décrit ce que le sol fait sous un pied nu mouillé, ce qu’un R11 ne vous dira jamais.
Vous avez déjà posé du R11 et vous n’arrivez plus à le nettoyer
C’est l’appel le plus fréquent en rénovation, et il ne porte jamais sur la sécurité : le sol tient, mais il est devenu impossible à nettoyer. Ressortez d’abord la fiche technique : on l’a vu plus haut, une lettre A ou B à côté du R veut dire que la sécurité est déjà documentée et que seul l’entretien reste en cause. S’il n’y a qu’un R et que le doute vous gêne, faites mesurer sur site, au pendule.
Reprenez ensuite le nettoyage : brosse mécanique plutôt que panosse, détergent alcalin, rinçage réel, aucun produit filmogène (cires et nettoyants « brillance » comblent le relief que vous avez payé). Les traitements antidérapants appliqués après coup, eux, gravent chimiquement la surface : le gain est réel mais temporaire, le carreau devient plus salissant, et sur une pierre naturelle calcaire nous les déconseillons. Si le problème se limite à la douche, ne refaites pas la salle de bains entière : reprendre les deux ou trois mètres carrés du receveur en petit format coûte une fraction d’une dépose complète.
Ce qu’on refuse de vendre
Ce que nous demandons au fabricant : le rapport d’essai pieds nus (EN 16165 annexe A), avec la méthode, l’angle mesuré, la classe attribuée et la règle nationale appliquée. Pas la seule lettre R du catalogue. S’il ne publie que du R sur une référence destinée à une douche, nous réclamons l’essai annexe A ; s’il ne l’a pas, nous changeons de référence.
Cette dernière phrase engage, alors précisons-la. Sur une partie du catalogue italien, l’essai pieds nus n’existe pas : les fabricants font certifier ce que le marché leur demande, et le marché demande du R. Il nous arrive donc de tomber sur une série qui convient, que l’architecte a déjà retenue, et dont l’annexe A n’est nulle part. Nous ne bouchons pas le trou en relisant la lettre R à travers un tableau de correspondance. Nous cherchons ailleurs, en général chez les fabricants qui tiennent une gamme piscine ou wellness, parce que ce sont eux qui font passer l’essai pieds nus. Et si le maître d’ouvrage tient à sa référence sans certificat, elle part au descriptif comme son choix, sans classe attribuée : une case vide se défend, un chiffre emprunté à une autre mesure ne se défend pas.
Ce que nous refusons : poser un R11 dans une salle de bains privée parce qu’un client l’a lu quelque part. Nous le disons, et si la demande est maintenue nous la notons au descriptif comme un choix du maître d’ouvrage. Ce n’est pas une position de principe : nous en vendons, et il a sa place dans une entrée sans sas ou dans une cuisine professionnelle. Mais dans une salle de bains il répond à une question que personne ne pose et crée un problème d’entretien que quelqu’un subira toutes les semaines. De même, nous ne validons pas une douche à l’italienne sur la seule foi d’une classe, sans avoir vu la pente, le siphon et le calepinage.
Dernier point : la stratégie de nettoyage se décide avant le choix du matériau ; le bpa en fait une consigne à part entière.
Envoyez le plan avant d’arrêter la surface
Ce qui nous suffit pour répondre : un plan avec les zones repérées (salle de bains, douche, terrasse, local technique), le descriptif s’il est déjà rédigé, et les références que l’architecte a retenues. En retour, vous recevez la classe à demander zone par zone, la ligne à recopier dans le descriptif, et le rapport d’essai annexe A du fabricant avant que la commande parte. Les échantillons suivent, à mouiller et à essayer pieds nus.
En Valais, dans le canton de Vaud, à Genève et en Haute-Savoie, nous nous déplaçons pour le métré et nous assurons la pose ; ailleurs, nous fournissons le matériau et les pièces du dossier, et l’exécution reste à l’entreprise du chantier. En Suisse, l’entité qui contracte et qui pose est TORREANO SARL, à Martigny (VS). Voyez nos sols et murs et nos réalisations, ou envoyez-nous les plans et le descriptif.
Questions fréquentes
Le R11 est-il inutile dans une maison ?
Que valent les mentions PN 12, PN 18 ou PN 24 sur une fiche produit française ?
Et le DCOF 0,42 qu’on voit sur les fiches américaines ?
Peut-on mesurer l’adhérence d’un sol déjà posé ?
Un produit d’entretien peut-il annuler la classe qu’on a payée ?
Des matériaux de prestige au soin du moindre détail, nous vous accompagnons avec un conseil sur mesure, pensé pour votre espace et votre goût.
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